La draille avant l’asphalte
On monte encore à pied. Pas pour la photo. Pour que les bêtes connaissent le chemin si le camion casse.
Été 2026 · n° 47 · 128 pages
On monte encore à pied. Pas pour la photo. Pour que les bêtes connaissent le chemin si le camion casse.
À quatre heures, le village n’a pas d’ombre. Les cloches sont déjà parties. Delmas marche derrière le dernier animal, pas devant : c’est la règle ici, le troupeau décide du rythme, l’homme empêche seulement qu’il se coupe.
Trois kilomètres de bitume, puis la draille. Le bitume, les bêtes s’en moquent. La draille, elles la reconnaissent.
Race Aubrac, robes fauves, muqueuses noires. On ne parle pas d’image de marque. On parle de pieds, de pis, de vents d’ouest qui arrivent trop tôt. Le texte tient dix-huit pages. Il n’y a pas de encadré « cinq astuces pour un weekend nature ».
Photographie : troupeau près des burons, plateau d’Aubrac.
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